Ingénieurs, chercheurs dans la pharma, banquiers, juristes, informaticiens : beaucoup cherchent un cours d’« anglais professionnel » ou d’« anglais des affaires », comme s’il s’agissait d’une autre langue. C’est logique : ce qui compte, c’est l’anglais de votre travail. Mais il y a là un malentendu, et il explique pourquoi tant de professionnels étudient l’anglais des affaires et continuent de bloquer en réunion.
Les mots techniques, vous les connaissez déjà
Ouvrez n’importe quel ouvrage technique en anglais à n’importe quelle page et comptez les mots qui ne font pas partie de l’anglais de base. Il y en aura peu, et vous connaîtrez sans doute la plupart, car ils appartiennent au vocabulaire international de votre métier : software, compliance, budget, deadline, cash flow, feedback. Les professionnels connaissent souvent ces mots mieux que leur professeur d’anglais.
Robin Callan, le créateur de la Méthode Callan, le résumait simplement : l’anglais technique n’est rien d’autre que l’anglais de tous les jours, parsemé de quelques mots techniques. C’est aussi vrai pour l’anglais commercial et littéraire.
Le problème, c’est l’anglais de base, et la vitesse
Quand un professionnel dit qu’il ne parvient pas à échanger à l’aise avec ses collègues étrangers, ce n’est presque jamais faute de termes techniques. C’est qu’il ne comprend pas l’anglais courant à la vitesse où il est parlé, et qu’il ne construit pas ses phrases assez vite pour participer. En réunion, la phrase qui bloque n’est pas « the deployment pipeline ». C’est « I would have done it differently if I had known that earlier ».
Les phrases toutes faites ne suffisent pas
Callan aimait l’exemple de celui qui entre dans un magasin avec un « I would like a pint of milk, please » bien répété, et à qui l’on demande s’il veut du lait écrémé, demi-écrémé ou entier. Avec des phrases apprises par cœur, la conversation meurt à la deuxième réplique.
Quel est le chemin le plus court ?
D’abord, construire une base solide d’anglais général, avec une compréhension orale rapide et une expression automatique. Ensuite, le vocabulaire de votre domaine s’apprend presque tout seul, en lisant, en écoutant et en travaillant en anglais. Un mot de base a le même sens dans un contexte technique, commercial ou littéraire : appris une fois, il sert partout.
L’anglais dans les entreprises suisses
À Genève, Lausanne, Bâle ou Zurich, une même équipe réunit souvent francophones, germanophones, italophones et collègues venus du monde entier. C’est l’anglais qui leur permet de travailler ensemble. Comme le rappelait Callan, un acheteur allemand en visite dans une entreprise italienne n’attend pas qu’on lui parle allemand, et on n’attend pas de lui qu’il parle italien : tout le monde utilise l’anglais. Mais pour vendre, négocier ou animer une réunion, un anglais de survie ne suffit pas : il faut parler couramment, en général au niveau B2 ou au-delà.
Voir aussi l’anglais pour les informaticiens.
À écouter : Robin Callan
Robin Callan raconte ce qu’il répondait aux directeurs d’entreprises d’électronique qui demandaient de « l’anglais de l’électronique » : cela n’existe pas. Leurs ingénieurs connaissent déjà les termes techniques de leur domaine ; ce qui leur manque, c’est l’anglais lui-même.
Cet article s’inspire des études que Mr Q a consacrées aux manuels (handbooks) écrits par Robin K. T. Callan et des dizaines d’heures d’entretiens qu’il a eus directement au domicile de M. Robin Callan, entretiens qui ont d’ailleurs été enregistrés et que Mr Q considère comme un véritable trésor de connaissances.