Presque tous les apprenants passent par là : on entend la question, on la traduit en français, on réfléchit à la réponse, on la retraduit en anglais, et seulement ensuite on répond. Le temps de répondre, la conversation est passée à autre chose. Et la traduction produit des phrases construites comme en français, avec des fautes qu’un anglophone remarque tout de suite (« I am agree », « since three years »…).
Parler est un réflexe, pas un calcul
Robin Callan, le créateur de la Méthode Callan, comparait l’apprentissage d’une langue à celui de la dactylographie ou du piano. Celui qui tape vite ne pense pas à l’emplacement de chaque lettre : ses doigts y vont tout seuls. Dans votre langue maternelle, vous ne construisez pas vos phrases en appliquant consciemment des règles : les mots viennent. L’objectif est que l’anglais arrive au même point, un réflexe conditionné. Or un réflexe ne se crée pas en réfléchissant, mais en répétant, jusqu’à ce que la réponse sorte avant d’avoir eu le temps d’y penser.
Pourquoi réfléchir gêne
Callan insistait sur un point curieux : plus on réfléchit, pire c’est. Celui qui s’arrête pour réfléchir réfléchit dans sa propre langue et mélange les deux. C’est pourquoi, dans un cours Callan, le professeur n’attend pas. Si vous hésitez, il vous donne les premiers mots et continue avec vous, en poussant la phrase vers l’avant. Vous n’avez pas le temps de traduire, et peu à peu vous cessez d’essayer.
La vitesse fait partie de la solution
Quand le professeur parle lentement, vous avez le temps de tout traduire. À vitesse naturelle, ou un peu plus vite, la traduction ne suit plus et le cerveau est obligé de traiter l’anglais directement. Au début, c’est difficile. Avec assez de révision, tous les élèves finissent par comprendre les questions à vitesse normale.
Des questions et des réponses avec les mêmes mots
Dans la Méthode Callan, la réponse reprend les mots de la question. À « Is Chinese an easy language to learn? », on répond « No, Chinese isn’t an easy language to learn, but it’s a hard language to learn. » Vous pratiquez l’anglais à l’intérieur de l’anglais, sans passer par le français. Et en répondant d’abord à la forme négative, vous devez retrouver vite le mot contraire, ce qui renforce la mémoire. Pourquoi des phrases complètes ?
La révision transforme le savoir en réflexe
Comprendre une structure une fois ne suffit pas. Pour qu’elle sorte sans effort, il faut l’entendre et l’utiliser de nombreuses fois, sur plusieurs cours. Comment fonctionne la révision.
Conseils pratiques en dehors des cours
- Écoutez de l’anglais chaque jour, même quelques minutes : podcasts, séries, informations.
- Décrivez mentalement en anglais ce que vous faites, avec des phrases simples.
- En lisant, ne vous arrêtez pas pour traduire chaque mot inconnu : avancez grâce au contexte.
- Passez à un dictionnaire anglais-anglais dès que votre niveau le permet.
Ces habitudes aident, mais le vrai déclic vient de cours fréquents où vous répondez vite et souvent. Avec trois à cinq cours par semaine, l’habitude de traduire disparaît d’elle-même.
Cet article s’inspire des études que Mr Q a consacrées aux manuels (handbooks) écrits par Robin K. T. Callan et des dizaines d’heures d’entretiens qu’il a eus directement au domicile de M. Robin Callan, entretiens qui ont d’ailleurs été enregistrés et que Mr Q considère comme un véritable trésor de connaissances.