Vous pouvez connaître la grammaire, avoir un bon vocabulaire et construire des phrases correctes, et ne pas être compris pour autant. La prononciation est l’une des parties les plus difficiles d’une langue, et l’une des plus négligées. Beaucoup de cours la traitent comme un détail, et l’on découvre le problème le jour où il faut vraiment parler avec un anglophone.
Les pièges typiques des francophones
- Le « h » qui disparaît : « I’m ’appy », « ’ouse ». En anglais, le « h » se prononce, avec un léger souffle. Et parfois, par excès de zèle, il apparaît là où il n’existe pas.
- L’accent tonique sur la dernière syllabe : le français accentue la fin des mots, l’anglais le plus souvent le début (COM-fort-able, DE-ve-lop…). Un mal placé peut rendre un mot méconnaissable.
- Le « th », prononcé « z », « s » ou « d » : « ze » au lieu de « the », « sink » au lieu de « think ».
- Les voyelles courtes et longues : ship et sheep, live et leave, full et fool. Le français ne fait pas cette distinction.
- Les terminaisons en -ed : « work-ed » au lieu de « workt ».
- Les mots transparents : comfortable, vegetable, chocolate ou interesting ressemblent au français, mais se prononcent tout autrement.
Pourquoi corriger dès le début
Robin Callan, le créateur de la Méthode Callan, insistait pour que la prononciation soit corrigée très souvent dans les premiers Stages. Les mots simples du début sont la clé de tous les autres : si vous prononcez correctement « no », vous avez la clé de tous les mots qui contiennent le même son. Si vous l’apprenez mal, l’erreur se propage à des centaines de mots. Callan disait que, sans correction dès le départ, l’élève finit par apprendre une autre langue que celle que le professeur essaie de lui enseigner.
À quelle fréquence corriger ?
Selon les consignes de la méthode, dans les premiers Stages, le professeur corrige un mot dans presque chaque phrase. Plus tard, à mesure que l’élève progresse, un mot toutes les deux ou trois phrases.
Comment fonctionne une bonne correction
- Le professeur imite votre erreur, comme un enregistreur, puis dit la forme correcte, que vous répétez.
- Rapidement : la correction ne transforme pas le cours en cours de phonétique. C’est la répétition de la correction, chaque fois que l’erreur revient, qui garantit le résultat.
- Sans excès : tout corriger tout le temps décourage. Le bon professeur choisit l’essentiel et insiste.
Quel accent viser ?
Inutile de sonner britannique ou américain. Le but est de parler clairement et d’être compris partout. Callan rappelait qu’un élève formé avec un accent standard, américain, britannique ou australien, sera compris dans le monde entier ; seuls les accents régionaux très marqués posent problème.
Rythme et intonation
L’anglais a un rythme propre, avec des syllabes fortes et faibles, et une intonation qui change le sens. On ne l’acquiert qu’en prononçant des phrases entières. D’où l’importance des réponses complètes.
Entre les cours
- Écoutez et répétez à voix haute de courts extraits audio, en imitant le rythme, pas seulement les mots.
- Enregistrez-vous en lisant un paragraphe et comparez avec l’original.
- Pour chaque mot nouveau, apprenez où tombe l’accent.
- N’ayez pas peur d’exagérer les sons au début. Comme le disait Callan : visez 100 % de perfection et vous atteindrez 75 %.
À écouter : Robin Callan
Robin Callan explique pourquoi il recommandait la prononciation standard des présentateurs du journal de la BBC : si vous parlez ainsi, on vous comprendra partout dans le monde.
Cet article s’inspire des études que Mr Q a consacrées aux manuels (handbooks) écrits par Robin K. T. Callan et des dizaines d’heures d’entretiens qu’il a eus directement au domicile de M. Robin Callan, entretiens qui ont d’ailleurs été enregistrés et que Mr Q considère comme un véritable trésor de connaissances.