Quand on assiste pour la première fois à un cours de Méthode Callan, deux choses frappent. Le professeur demande « Is Rome a village? » et l’élève ne répond pas seulement « No », mais « No, Rome isn’t a village, but it’s a city. » Et les questions s’enchaînent très vite, presque sans pause. Ce sont deux piliers de la méthode.
Pourquoi des phrases complètes
- Vous parlez plus que le professeur. Une réponse complète à chaque question, ce sont des centaines de phrases par cours. Un « yes » n’apprend rien ; une phrase complète apprend la structure, le vocabulaire et la prononciation en même temps.
- La forme négative est travaillée en permanence. Répondre d’abord par la négative puis par l’affirmative entraîne les deux formes à chaque réponse, jusqu’à ce qu’elles sortent sans réfléchir.
- La mémoire travaille par les contraires. À « Is Chinese an easy language to learn? », il faut retrouver instantanément le mot contraire : « No, Chinese isn’t an easy language to learn, but it’s a hard language to learn. » Cet exercice fait jaillir les mots au moment voulu, comme un réflexe.
- Vous utilisez les mots à apprendre au lieu de les éviter. La réponse reprend les mots et les temps de la question. Libre, vous n’utiliseriez que ce que vous savez déjà.
- Vous n’avez pas à inventer quoi dire. Ce qui compte, ce n’est pas le contenu de la réponse, mais la façon de la dire. Toute votre énergie va à bien la dire.
- Des contractions, comme dans l’anglais réel. Les réponses utilisent « isn’t » et « it’s », comme on parle vraiment.
Pourquoi si vite
Selon le Student’s Handbook de Callan, la conversation courante en anglais avance à environ 180 mots par minute, alors que bien des professeurs d’autres méthodes parlent à peine plus de la moitié de ce rythme. Le professeur Callan parle dès le premier cours plus vite qu’une conversation normale : votre oreille s’entraîne sur un anglais plus rapide que celui que vous rencontrerez dehors.
- Cela empêche de traduire : pas le temps de traduire, le cerveau apprend à traiter l’anglais directement. Penser en anglais.
- Cela maintient la concentration : un débit lent laisse l’esprit vagabonder. La question suivante est peut-être pour vous.
- Cela multiplie la pratique : plus le rythme est soutenu, plus il y a de questions, de réponses et de répétitions par cours.
- Cela prépare à la vraie vie : après des cours rapides, l’anglais des réunions et des films paraît plus lent.
« Et si je ne comprends pas ? »
Callan affirmait que tous les élèves, sans exception, peuvent comprendre le professeur à pleine vitesse. Sinon, il n’y a qu’une cause : une révision insuffisante. Certains doivent entendre une question trois fois, d’autres une douzaine. Chaque question est d’ailleurs posée deux fois, pour que vous entendiez bien les mots de votre réponse.
L’adulte ne parlera pas forcément aussi vite que le professeur, et ce n’est pas nécessaire. Mais il parlera bien plus vite que s’il répondait à son rythme. Si vous hésitez, le professeur vous souffle les mots suivants et continue avec vous : la phrase sort entière, et en rythme.
La vitesse n’est pas la précipitation : chaque mot est prononcé clairement et chaque mot nouveau est présenté lentement. La vitesse, c’est le rythme du cours. Regardez de vrais cours pour le constater.
Cet article s’inspire des études que Mr Q a consacrées aux manuels (handbooks) écrits par Robin K. T. Callan et des dizaines d’heures d’entretiens qu’il a eus directement au domicile de M. Robin Callan, entretiens qui ont d’ailleurs été enregistrés et que Mr Q considère comme un véritable trésor de connaissances.