Cours de conversation en anglais : pourquoi parler librement ne suffit pas

La conversation libre semble la solution évidente. C’est l’un des chemins les plus lents vers l’aisance.

Quand on a étudié l’anglais pendant des années sans réussir à le parler, les « cours de conversation » semblent la solution idéale : si le problème est l’oral, il suffit de pratiquer en parlant. Robin Callan, le créateur de la Méthode Callan, voyait les choses autrement : pour lui, le bavardage était le pire ennemi de l’apprentissage d’une langue. Voici pourquoi.

En conversation libre, on ne pratique que ce qu’on sait déjà

Quand la conversation est libre, chacun utilise naturellement les mots qu’il maîtrise et évite les autres. Vous répétez votre anglais actuel, avec les mêmes erreurs. Quand un mot nouveau surgit, il est expliqué une fois puis oublié, car personne n’y revient aux cours suivants.

C’est le professeur qui parle, ou l’élève le plus extraverti

Dans les cours de conversation en groupe, le schéma se répète : le professeur parle beaucoup, un ou deux élèves extravertis parlent le reste du temps, et les autres passent le cours presque en silence. Même en cours particulier, le professeur finit souvent par parler plus que l’élève.

Les pauses de réflexion ralentissent tout

Quand le professeur demande « pourquoi ? » et lance un débat, l’élève s’arrête, cherche ses mots, hésite, recommence. Callan faisait un calcul simple : dix minutes de bavardage par cours, plus cinq minutes de retard et cinq minutes de discussion d’ouverture, font perdre 40 % d’un cours de 50 minutes. Un cours de dix mois en dure quatorze, pour exactement le même résultat.

Alors, comment développer la conversation ?

Par une conversation dirigée. Au lieu de laisser le sujet dériver, le professeur pose des questions préparées qui vous obligent à utiliser exactement les mots et les temps que vous devez apprendre. Vous répondez par des phrases complètes, votre prononciation est corrigée sur-le-champ, et les mêmes structures reviennent aux cours suivants jusqu’à sortir sans effort.

C’est toujours de la conversation : questions, réponses, compréhension et expression en continu. La différence, c’est que chaque minute a un but.

Quand pourrai-je parler librement ?

Beaucoup d’élèves ont envie de « se lâcher » à mi-parcours. C’est compréhensible, mais à ce stade le vocabulaire manque encore pour tenir une vraie conversation. Callan observait qu’arrivé aux derniers Stages, le problème se règle de lui-même : l’élève y arrive, tout simplement. Les examens Cambridge, qui comprennent un entretien avec l’examinateur, le montrent objectivement.

La conversation libre a-t-elle sa place ?

Bien sûr : collègues, films, voyages et réunions en anglais sont d’excellentes façons d’utiliser ce que vous avez appris. Simplement, ils ne doivent pas occuper le temps du cours, qui sert à apprendre ce que vous ne savez pas encore. Lisez aussi comment arrêter de traduire dans sa tête.

Cet article s’inspire des études que Mr Q a consacrées aux manuels (handbooks) écrits par Robin K. T. Callan et des dizaines d’heures d’entretiens qu’il a eus directement au domicile de M. Robin Callan, entretiens qui ont d’ailleurs été enregistrés et que Mr Q considère comme un véritable trésor de connaissances.

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