Beaucoup de francophones comprennent bien l’anglais écrit, suivent une série sous-titrée et lisent des rapports au travail. Pourtant, au moment de parler, le cœur s’accélère, les mots disparaissent et la phrase ne sort pas. Ce n’est ni un manque d’intelligence ni un manque de vocabulaire. C’est le manque d’un type de pratique bien précis, et cela se corrige.
D’où vient la peur
Parler une langue étrangère est la plus difficile des quatre compétences, plus que lire, écrire ou écouter. C’est aussi celle que la plupart des cours pratiquent le moins. On passe des années à écouter le professeur, à faire des exercices écrits et à lire des textes, mais on ne parle que quelques minutes par cours. Le jour où il faut vraiment parler, le cerveau n’a pas de chemin tout tracé, et chaque pause se transforme en malaise.
S’y ajoute la peur de se tromper devant les autres. Des adultes compétents dans leur travail se sentent très mal à l’aise de s’exprimer comme des débutants.
Ce qui ne marche pas
- Attendre de se sentir prêt : ce moment n’arrive jamais si l’on ne parle pas.
- Plus de grammaire : connaître la règle ne fait pas sortir la phrase plus vite.
- Les phrases apprises par cœur : elles aident pour la première réplique et vous abandonnent à la deuxième.
- Les cours où l’on écoute surtout : écouter compte, mais ne remplace pas la parole.
Ce qui marche : être obligé de parler
Robin Callan observait que les élèves de sa méthode perdaient vite leur timidité. La raison est simple : dans un cours Callan, personne ne reste silencieux. Le professeur pose des questions en permanence et il faut répondre par des phrases complètes. Après des dizaines de réponses par cours, parler anglais cesse d’être un événement et devient une routine.
Un autre détail aide beaucoup : la réponse reprend la structure de la question. Vous n’avez pas à inventer quoi dire, seulement à le dire. Cela supprime le fameux « et si je ne trouve pas le mot ? » qui bloque tant d’apprenants.
Les fautes font partie du jeu, la correction aussi
En cours, la faute est bienvenue, car elle est corrigée immédiatement. Dehors, on vous corrige rarement : par politesse, pour ne pas interrompre, ou parce qu’on ne remarque pas l’erreur. Le cours est donc le bon endroit pour se tromper beaucoup, en toute sécurité. En cours particulier, avantage supplémentaire pour les timides : personne d’autre n’écoute.
La vitesse aide aussi
Cela paraît paradoxal, mais un rythme rapide réduit souvent l’anxiété. Quand la question suivante arrive déjà, on n’a pas le temps de ressasser la faute précédente. Pourquoi le professeur Callan parle vite.
Si vous bloquez à l’oral, cherchez des cours où vous parlez la majeure partie du temps, avec une correction immédiate et trois à cinq cours par semaine. En quelques semaines, parler anglais ne fait plus peur.
À écouter : Mr Q
Mr Q raconte à Robin Callan l’histoire d’une élève de 59 ans qui ne parvenait pas à parler à son petit-fils au Canada. Après moins de trois mois de cours, elle a parlé avec lui en anglais pendant près de 20 minutes.
Cet article s’inspire des études que Mr Q a consacrées aux manuels (handbooks) écrits par Robin K. T. Callan et des dizaines d’heures d’entretiens qu’il a eus directement au domicile de M. Robin Callan, entretiens qui ont d’ailleurs été enregistrés et que Mr Q considère comme un véritable trésor de connaissances.