Apprendre deux langues en même temps : bonne ou mauvaise idée ?

En Suisse, la question se pose vraiment. Voici comment fixer vos priorités.

En Suisse romande, beaucoup aimeraient tout faire à la fois : rafraîchir leur allemand appris à l’école et progresser en anglais, ou commencer l’italien en même temps que l’anglais. L’enthousiasme est louable, mais le plan coûte souvent cher. Pour la plupart des gens, une langue à la fois mène plus loin, et plus vite.

Une chose à la fois

Robin Callan, le créateur de la Méthode Callan, aimait citer un vieux dicton anglais : une chose à la fois, et bien faite, c’est une très bonne chose. Étudier deux ou trois langues en même temps fonctionne pour les linguistes nés. Mais la plupart d’entre nous ne le sont pas, et l’on disperse son attention, son temps et son énergie entre des objectifs déjà difficiles séparément.

Atteindre un niveau utile dans une langue demande des centaines d’heures de pratique. Mener deux projets de ce genre en parallèle, avec un emploi à plein temps, est la recette la plus courante pour progresser peu dans les deux.

Pourquoi l’anglais passe souvent en premier

L’anglais est la langue internationale. Avec lui, vous communiquez dans presque tous les pays, travaillez avec n’importe quelle entreprise et accédez à l’essentiel du savoir technique et scientifique. Les autres langues ouvrent des portes dans certains pays ; l’anglais les ouvre partout.

Callan faisait remarquer qu’on apprend l’anglais par nécessité, comme un écrivain apprend à taper à la machine : l’idée ne lui plaît pas forcément, mais son métier l’exige. Les autres langues s’apprennent plutôt pour des raisons personnelles : le goût de la langue, des liens familiaux, l’attrait d’un pays. D’excellentes raisons, mais qui prennent tout leur sens une fois le besoin principal satisfait.

L’anglais est aussi plus facile à démarrer

Outre une grammaire relativement simple, l’anglais a un énorme avantage : vous connaissez déjà des centaines de mots avant de commencer, comme computer, stop, shopping, manager ou week-end. Et vous en êtes entouré, dans les films, la musique, les séries et sur Internet.

Quand commencer la deuxième langue

Callan conseillait de n’aborder une autre langue qu’après avoir atteint en anglais un niveau équivalent au B2 First de Cambridge. L’anglais est alors consolidé et ne se perd pas à l’arrivée de la nouvelle langue. Et l’expérience d’avoir vraiment appris une langue rend la deuxième bien plus facile.

Et si votre travail exige les deux ?

Si votre quotidien ou votre poste exige l’allemand, à Berne, Bâle ou Zurich, c’est un vrai besoin. Mais l’anglais est souvent la langue de travail des entreprises internationales, y compris en Suisse alémanique. Dans ce cas, fixez vos priorités : quelle langue devez-vous utiliser en premier, et avec quelle urgence ? Si c’est l’anglais, concentrez-vous dessus avec des cours fréquents. Voir aussi cours intensif : combien d’heures par jour ?

Cet article s’inspire des études que Mr Q a consacrées aux manuels (handbooks) écrits par Robin K. T. Callan et des dizaines d’heures d’entretiens qu’il a eus directement au domicile de M. Robin Callan, entretiens qui ont d’ailleurs été enregistrés et que Mr Q considère comme un véritable trésor de connaissances.

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